
Près de la moitié des producteurs de melons ont installé des ruches dans leurs champs pour favoriser la pollinisation. Une technique ancestrale et pourtant plus que d’actualité à l’heure où la raréfaction des abeilles et donc la pollinisation n’a jamais autant inquiété.
La technique n’est pas nouvelle. Mais elle porte toujours ses fruits. Depuis plus de dix ans, comme près de la moitié des producteurs de melons du Quercy, Benoît Marty a installé des ruches au pied de ses melons.
"Les premiers melons sont plantés sous des tunnels au printemps, quand les journées sont ensoleillées, on en profite, on soulève l’abri et les abeilles viennent butiner les fleurs du melon", raconte le paysan.
Et chaque année, la magie opère sur ses sept hectares à Belfort-du-Quercy. Dix-sept ruches ont été disposées par l’apiculteur tarnais Alain Barasc.
La pollinisation des fleurs de melon est une étape cruciale dans le développement du fruit. Benoît Marty le sait bien, il joue la carte de la sécurité même s’il ne peut pas réellement dire si le rendement est meilleur grâce à cette technique.
"J’ai tendance à penser que oui mais ce n’est pas quantifiable, disons que les abeilles m’aident dans mon travail, ça me permet d’arrondir les angles, c’est un plus", résume l’agriculteur qui produit environ 200 tonnes de melons par an.
Des aides de l’Europe
Et il est loin d’être le seul à se faire aider par ces petites ouvrières. "Rien que dans le village, sur trois producteurs, on est deux à avoir installé des ruches", explique-t-il. Michel Gaignoux, le responsable technique de l’association de producteurs de fruits et légumes des coteaux du Quercyconfirme l’engouement pour cette méthode, à l’heure où les abeilles se font de plus en plus rares. "Cette technique existe depuis 2010 mais elle est particulièrement pertinente aujourd’hui car elle permet de définir les pratiques agricoles respectueuses des pollinisateurs et de leurs écosystèmes et d’inciter les agriculteurs à s’engager dans une démarche d’amélioration continue de leurs pratiques". Il estime qu’une trentaine de melonniers utilisent aujourd’hui cette méthode sur 76. Et si Benoît Marty, le producteur, s’interroge sur le rendement, pour Michel Gaignoux pas de doute : il est environ 15 % meilleur.
Le projet a même intéressé l’Europe qui prend en charge 50 % des frais de dépenses spécifiques des apiculteurs dans le cadre des fonds opérationnels. Dans le Lot et le Tarn-et-Garonne, les abeilles ne sont pas près d’arrêter de butiner.
Après les dégâts du frelon asiatique
Il y a une dizaine d’années, le frelon asiatique décimait des colonies entières d’abeilles dans le Quercy. "Les melonniers se sont pris en main et ont demandé quelle solution on pouvait trouver pour compenser le manque de pollinisateurs naturels qu’on avait dans la zone", raconte Michel Gaignoux. Autre conséquence: les producteurs ont peu à peu délaissé l’utilisation des insecticides. Enfin, plusieurs melonniers se sont pris au jeu et sont devenus apiculteurs "amateurs certes mais ça leur permet aussi d’avoir du miel", souligne le représentant du melon.
July 20, 2020 at 08:07PM
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Belfort-du-Quercy. Les abeilles au secours du melon - LaDepeche.fr
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